PÉNIBILITÉ

Mise en cause d’enseignants d’EPS en augmentation, le SNEP rencontre le Rectorat.

Suite à l’augmentation très importante des cas de mise en cause de collègues d’EPS dans l’académie, le SNEP académique a été reçu en audience par le Secrétaire général adjoint le 11 avril 2018.

Ces mises en causes peuvent porter sur des fautes graves touchant au professionnalisme ou dans certains cas sur des atteintes à caractère sexuel. Bien sûr, le SNEP-FSU condamne fermement de tels actes lorsqu’ils sont avérés.  Mais, dans la quasi totalité des cas, ces accusations sont infondées. Il ne s’agit souvent que de ressentis d’élèves, amplifiés quelquefois par l’entourage familial, l’actualité, les réseaux sociaux…, mais qui peuvent aussi surgir par une volonté de « règlement de comptes » de la part de certain(es) élèves pour protester contre les exigences éducatives du professeur d’EPS, voire contre les sanctions qui peuvent les frapper à la suite de comportements inadéquats.

Ces mises en causes, mêmes infondées, peuvent avoir des conséquences dramatiques. Certains enseignants se sont déjà suicidés suite à des affaires de ce type.

La spécificité de notre travail nous amène à intervenir avec des élèves qui sont en action, qui s’affrontent, qui sont vus, touchés, évalués, qui sont quelquefois dévêtus (à la piscine, dans les vestiaires, …), avec des exigences professionnelles liées à la qualité de l’enseignement (aides…), à la sécurité des élèves (parades…), à la discipline (dans les vestiaires…). Plus que d’autres discipline nous sommes amenés à nous déplacer à l’extérieur de l’établissement, à filmer nos élèves en action pour les noter ou leur apporter un retour sur leur prestation.

Nous estimons que la réaction de l’administration d’un établissement est déterminante pour que ces dossiers soient correctement traités et que les enseignants ne soient pas mis en cause à tort. Trop souvent, les plaintes d’élèves sont recueillies par l’établissement dans des conditions discutables, la « parole d’Or » de l’élève, la « bienveillance » vis-à-vis des familles font de facto porter le discrédit sur l’enseignant d’EPS.  Les conditions qui permettraient, dans la plupart des cas, de comprendre et d’apaiser la situation ne sont pas assez souvent réunies.

L’administration nous a écouté, nous lui avons fourni des propositions pour améliorer la situation notamment au travers de consignes données aux chefs d’établissements et de la mise en place de la protection fonctionnelle (voir ci-dessous), nous attendons une réponse de sa part.

Nous avons soutenu plusieurs collègues tout au long de l’année sur ce type de dossier, nous invitons chaque collègue à nous contacter en cas de problèmes similaires.

Demandes SNEP-FSU suite Audience

Spécificité du métier d’enseignants d’EPS
Santé, pénibilité du métier, fin de carrière et retraite dec 2015

document d’analyse du SNEP

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Santé, pénibilité du métier, fin de carrière des enseignants d’EPS

Constats fev 2013
Une des spécificités du métier d’enseignant d’EPS se traduit par une pénibilité tout au long de sa carrière. Le facteur « usure du corps » est une réalité pour les enseignants d’EPS (démonstrations, aides, parades, installation du matériel). Durant leurs études et tout au long de la carrière, le corps est soumis à de nombreux traumatismes qui, même chez des personnes en forme, font progressivement apparaître des douleurs ankylosantes voir invalidantes (voir déclaration faîte par le docteur Zorman, médecin conseiller technique auprès du recteur de Grenoble, lors de la table ronde « pas de classe sans enseignant » en 1997 et reprise en 2003 par la DPE lors des groupes de travail sur la pénibilité.

Le rapport annuel du CHS de l’année 2011 présenté au CHSCT ministériel du MEN en juillet dernier fait apparaitre que les enseignants d’EPS ont proportionnellement le plus d’accidents de services. 897 des accidents déclarés, soit 8.8%, concernaient des professeurs d’EPS alors qu’ils ne représentent que 3% des agents du MEN. L’enseignant d’EPS a souvent des problèmes de voix, d’audition (liés au bruit). Il est confronté à des variations importantes de températures selon qu’il travaille alternativement à l‘extérieur, à l’intérieur ou encore dans les piscines. Il est soumis à une tension nerveuse et à un stress extrêmement importants (sécurité des élèves, effectifs surchargés, organisation de travail en ateliers autonomes des élèves, déplacements en groupe vers des installations souvent éloignées…).
Voir l’enquête réalisée par la DEPP et la MGEN en 2009 sur le moral, les conditions de travail et la santé des enseignants d’EPS.

La pénibilité du métier tout au long de la carrière est incontestable, notamment pour les femmes durant leur grossesse, et s’accentue à partir de 50 ans pour tous. Les dernières années d’enseignement peuventêtre extrêmement difficiles. Les lois de 2003 et de 2010 sur les retraites ne font qu’aggraver ces difficultés en allongeant de fait la durée de la carrière.
Les enseignants jeunes comme plus âgés sont de plus en plus concernés par la « santé au travail ». Le dysfonctionnement (comités médicaux, commissions de réforme, le manque criant de médecins de prévention…), dans le suivi des problèmes de santé des personnels, perdure dans un grand nombre de départements. L’absence d’une médecine de prévention, de suivi, de postes adaptés, de moyens pour l’allègement ou l’aménagement de service ou de reclassement, font qu’un grand nombre d’enseignants d’EPS se retrouvent dans des situations précaires (inconfortables ?) qu’ils vivent psychologiquement très mal…

Le SNEP revendique :

Concernant la santé et la pénibilité :

‐ Développement d’une réelle médecine de prévention de qualité (augmentation du nombre de postes de médecin de prévention et mise en place d’aide et de suivi psychologique), pouvant aider à faire reconnaître certains traumatismes ou maladies comme « maladie professionnelle »,

‐ Reconnaissance du métier de professeur d’EPS comme profession à risque avec visite médicale annuelle,

‐ Amélioration des conditions de travail (effectifs des groupes élèves, nombre et qualité des installations qui doivent être dans ou à proximité immédiate des EPLE, matériel pédagogique adapté et non traumatisant…)

‐ Réduction des maxima de service des enseignants d’EPS (actuellement plus élevés que tous les autres enseignants du second degré),
‐ et/ou l’aménagement du temps de travail pour raison de santé ou de pénibilité,

‐ Nouveaux droits sociaux, notamment pour les enseignantes d’EPS, l’allongement du congé de maternité et un suivi sérieux de la grossesse, avec possibilité d’aménagement ou d’allègement des horaires à compter du 3ème mois de grossesse,

‐ Diversification et augmentation des postes adaptés de courte et longue durée,

‐ Droit réel à une seconde carrière avec des possibilités de réorientation et reconversion professionnelle assorties d’une formation et d’un reclassement professionnel,

‐ Développement, dès la formation initiale, de l’information et de la prévention.

Concernant la pénibilité et la fin de carrière :

‐ Permettre des aménagements progressifs du temps de service à partir de 50 ans (tutorat, coordonnateur de projet…),

‐ Réduire les maxima de services à compter de 55 ans : 80% des maxima actuels, avec maintien du salaire correspondant à un service à temps complet,

‐ Réintroduire les dispositifs de fin de carrière (CPA et CFA d’avant 2003, qui étaient particulièrement plébiscités par les enseignants d’EPS),

‐ Droit à disposer d’une retraite à taux plein sur la base de 37,5 annuités,

‐ Possibilité de faire valoir le droit à pension à 55 ans sans décote, avec prise en compte des années d’étude.