Gymnasiades 2022 : quel bilan ?

Vous n’avez pas eu vent de la tenue des Gymnasiades ? L’annonce de l’événement a été pour le moins confidentielle. Espérons qu’il n’en sera pas autant de son bilan très attendu par le SNEP-FSU.

Ces jeux scolaires d’ampleur internationale se sont déroulés en Normandie du 14 au 22 mai pour environ 3500 lycéen.nes venu.es de plus de 70 pays s’affronter dans 19 disciplines sportives.

            Ce qui devait être une célébration du sport scolaire s’est mué au fil des mois en une compétition dont les contours imprécis inquiétaient de façon croissante.

Rarement on aura vu un projet de cette grandeur si mal préparé alors même qu’il a été annoncé trois années auparavant.

Pourtant le SNEP-FSU a alerté tout au long du processus sur le manque d’anticipation nécessaire pour réussir un tel évènement, ainsi que sur l’implication insuffisante des élèves et des enseignants pour permettre une réelle dynamique autour de ces gymnasiades. Nos alertes sont restées sans réponse de la part de notre Rectrice et de la direction nationale du sport scolaire. Les cadres UNSS normands ont sans cesse été bridés et retardés dans la mise en place de l’organisation.

            L’idée n’est pas de dresser ici un noir tableau (un peu quand même) mais force est de constater qu’entre les projets éducatifs et culturels annoncés et non réalisés, le saupoudrage de spectateurs par-ci par-là, les couacs en série sur les différents sites et un impact écologique qu’il conviendra de chiffrer, le bilan sera bien différent de ce qui avait été annoncé. Le budget prévu lui aussi sera bien plus lourd. D’ailleurs, les partenaires locaux qui avaient apporté leur soutien au projet se questionnent sur le maintien de la totalité de leur subvention au regard de cette esquisse de bilan. La question est : qui va payer la facture ? Les Associations Sportives qui ont si peu été sollicitées ? En effet, il a fallu batailler pour que les professeurs d’EPS/animateurs d’AS soient présents (seulement 250) mais encore plus pour des jeunes officiels le soient malgré leur investissement dans les AS au quotidien.

Certains choix opérés n’ont pas été à la hauteur de l’événement. Notamment le recours massif à   des sociétés privées et le manque de bénévole qui a été ressenti sur plusieurs sites.

            Puisqu’il s’agit de jeux pour les jeunes, parlons des jeunes.

Le scandale des jeunes reporters fera date. En effet, ces collégien.nes et lycéen.nes préparé.es par leurs enseignant.es d’EPS depuis plusieurs années à maîtriser les outils de communication et diffusion d’images en couvrant plusieurs championnats de France en vue des Gymnasiades ont été, d’une certaine façon, contraints de se retirer à cause du gouffre entre les intentions éducatives prônées et la réalité de ce qui leur a été demandé. En quelques mots, devenir des jeunes influenceurs.

            Les jeunes juges ont quant à eux été remerciés de façon bien particulière. Rien ne leur a été proposé par l’ISF ou l’UNSS lors de la journée culturelle du mercredi. Pas de transport prévu pour le Mémorial de Caen, les plages du débarquement ou le Mont Saint Michel pour ces jeunes normand.es qui ont officié chaque jour de l’événement. Quelques jeunes organisateurs ont dormi sous tente sans matelas.

            Pour finir, tous les soirs, quel que soit le site de leur compétition, les jeunes sportifs étaient transportés en car jusqu’au CID de Deauville pour dîner puis ils étaient de nouveaux transportés jusqu’à leur camping à la fin de leur repas. En plus du coût des navettes et de l’impact écologique on ne peut occulter l’impact sur la forme des athlètes.

            La multitude des couacs et le dépassement du budget doivent être étudiés. Des solutions ou alternatives doivent être trouvées ne serait-ce que pour nous rassurer à deux ans des Jeux Olympiques à Paris.

           

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